Nouveau mandat pour l'armée allemande?
13 avril 2016Une idée qui fait débat en Allemagne et dont la presse se fait l'écho.
"Jusqu'ici, la République fédérale a eu raison de confier exclusivement la sécurité publique à la police", estime la Süddeutsche Zeitung. "Le recours à l'armée sur le territoire national est l'une de ces idées trompeuses qui ne deviennent pas plus sensées quand on les répète constamment. Les soldats pourraient certes, comme en France ou en Belgique, surveiller les lieux à risques : de tels scénarios sont imaginables, mais de manière générale, la police est mieux à même de remplir de telles missions. La Bundeswehr n'est pas formée pour assurer ce genre de tâches, l'utilisation d'une force militaire armée est une chose bien différente de la proportionnalité des moyens et stratégies pratiqués par la police", souligne le quotidien de Munich.
Même son de cloche dans la Frankfurter Rundschau qui considère ce débat superflu: "La sécurité intérieure relève des compétences de la police. C'est ancré dans la Loi Fondamentale, la Constitution allemande. Les exceptions sont clairement définies. Lors de catastrophes naturelles telles que des inondations par exemple, l‘armée peut participer à des opérations d‘aide, en coopération avec l'administration, comme aussi pour les réfugiés en cas d'arrivées massives, ce qui a été le cas ces derniers mois. En outre, la Bundeswehr peut être utilisée sur le territoire national en situation de crise, si l'ordre démocratique de la République Fédérale était menacé . Ces missions clairement définies sont une conséquence de la dictature nazie. Car, rappelle le quotidien de Francfort, Adolf Hitler et ses sbires avaient, eux, déjà effacé les frontières entre armée et police et cela avec des conséquences fatales !"
Autre sujet qui fait débat : l'utilisation contestée de l'herbicide glyphosate…
Les avis scientifiques divergent sur cette substance active largement utilisée dans les pesticides, et notamment dans le Round Up du groupe Monsanto. Ce désherbant détruit des plantes sauvages dans les champs, ses ingrédients avaient servi d'armes sous le nom d' "agent orange" au Vietnam.
Le pesticide glyphosate a une mauvaise réputation, pas seulement depuis qu'il est suspecté de provoquer des cancers, relève la Süddeutsche Zeitung.
Malgré tout, les affaires avec ce pesticide restent florissantes, car il est le plus utilisé dans le monde. Chaque année, 700.000 tonnes de ce pesticide sont déversées dans les champs. Pourtant l'Allemagne plaide auprès de la Commission européenne pour que son utilisation reste permise en Europe. La raison avancée, déplore le journal, est que" les risques pour la santé humaine ne sont pas définitivement prouvés !"